Suzuki

La fabrique de métiers à tisser devenue constructeur moto

Rien ne prédisposait Michio Suzuki à devenir l’un des grands noms de l’industrie moto. Né à Hamamatsu en 1887, il fonde une fabrique de métiers à tisser baptisée « Suzuki Loom Works » en 1909 alors qu’il a seulement 22 ans.

L’affaire connait alors un beau succès.

Mais en 1937, la société prend le chemin de la diversification en mettant au point un premier prototype de moteur deux temps ainsi que d’une voiture, l’Austin Seven. Les chaînes de fabrication Suzuki serviront un temps à la conception de munitions avant de se tourner après-guerre vers la fabrication de matériel agricole et de chauffage.

 

Suzuki

Malgré un premier pas dans le monde de la moto, ce n’est qu’à l’orée des années 60 que Suzuki exploitera le filon qui fera sa renommée avec notamment la naissance du Power Free, un simple vélo équipé d’un monocylindre deux temps.

En 1954, « Suzuki Loom Works » devient officiellement « Suzuki Motor Co. ».

Cette même année, la première véritable moto estampillée Suzuki est commercialisée, la Colleda.

La fabrique de métiers à tisser devenue constructeur moto

Les premières Suzuki en France

Les premières Suzuki en France

Le premier twin débarque en 1956 avec la Colleda TT qui revendiquera une vitesse de 130km/h et 16cv.

Elle sera en outre la première à inaugurer le phare avant en forme de fer à cheval qui restera longtemps l’un des signes distinctifs de la marque.

Suzuki grandit vite et devient dès 1958, seulement quatre ans après sa première moto, le deuxième constructeur mondial.

En France, ce n’est qu’en 1961 que les motos signées Suzuki feront leur apparition sur le marché. Les deux temps s’écoulent alors très rapidement et la production prend de l’ampleur au fil des années.

L’ingénieur Ernst Degner va marquer un tournant important pour la marque en apportant son savoir-faire en termes de deux temps sportifs. Ce sera le début de nombreux titres remportés en compétition.

En 1965, Suzuki écrit une autre page de son histoire sportive avec l’apparition de la 250T20, une machine dotée de 6 vitesses et de 29 chevaux. La même année, la marque se lance dans la compétition moto-cross.

Un échec et des succès

Un échec et des succès

Au cours des années 70, la gloire de Suzuki sera assurée par des modèles aussi emblématiques que la GT 250, GT 380, GT 550 ou encore la GT 750 tandis que la marque lève le voile sur ses premiers trails.

En 1974, Suzuki se heurte à l’échec de la RE5 dotée d’un moteur rotatif de type « Wankel » mais rebondira avec un modèle qui marquera durablement les esprits, le RV mieux connu sous le nom Van Van.

En 1977, la GS 750 finira de redorer le blason de la marque.

Le concept sera par la suite décliné en GS 1000 et en GS 580 G qui fera parler d’elle avec sa transmission par arbre. La prochaine innovation viendra en 1981 avec la GSX 1100 S Katana qui décrira les grandes lignes du design des années 80 et 90. Suzuki lancera également la mode des réplicas avec la GSX R750 avant de mettre au point un mythe, celui de la GSX R1100.

Un échec et des succès

En 1991 apparaît un modèle lui aussi mythique qui deviendra un véritable best-seller en France, la Bandit.

Basique et bon marché, la Bandit sera en tête des ventes durant des années.

Mais c’est en 1999 que Suzuki frappera à nouveau très fort avec la présentation de sa GSX 1300 R Hayabusa capable d’atteindre plus de 300km/h avec ses 173chevaux.

Cette moto restera gravée dans les mémoires et sera élue comme l’une des plus belles motos du siècle par le Musée Guggenheim.

Les années 2000

A l’aube des années 2000, la marque se fait plus discrète mais néanmoins toujours très active avec la mise au point de son scooter Burgman 400 suivi du Burgman 650 qui marquera le début des maxi-scooter. Puis ce sera la SV 650 qui viendra renforcer les ventes de la marque.

En 2006, la marque lance le custom Intruder M1800R mu par un moteur bicylindre en V de 1783cm3. L’année suivante, Suzuki présentera son concept Crosscage motorisé par une pile à combustible lors du salon international de Tokyo.

Les années 2000

L’année 2008 sera quant à elle marquée par l’arrivée du concept B King doté du moteur de l’hayabusa 1300 et d’un châssis en aluminium.

Un an plus tard, la GSX-R1000 sera liftée et équipée des dernières innovations développées pour le monde de la course avec notamment une cartographie moteur modifiable au guidon ou encore une fourche Big Piston Fork.

La Gladius fait également son apparition en tant que remplaçante de la SV 650.

En 2013, la marque inaugurera ses nouveautés avec le tout nouveau Burgman 650, la DL 1000 ou encore la Suzuki Intruder C1500T.

Suzuki et la compétiton

Un retour sur l’histoire de Suzuki, qui a commencé en 1909 avec un métier à tisser le coton, pour passer aux motos et obtenir la plus prestigieuse des récompenses du monde de la moto.

Suzuki et la compétiton

CHAPITRE 1 – Le début :

Suzuki a ses racines historiques dans une autre industrie. Le fondateur, Michio Suzuki, était un innovateur qui a construit une usine de tissage appelée Suzuki Loom Works dans la petite ville côtière de Hamamatsu, dans la préfecture de Shizuoka au Japon, en 1909. La production se concentrait sur les tissus en coton.

Chapitre 1

Chapitre 1

Chapitre 1

CHAPITRE 2

Les années 1950, DES MÉTIERS À TISSER À L’ASPHALTE

La Seconde Guerre mondiale et l’après-guerre ont laissé Suzuki en crise et ont forcé une restructuration à grande échelle. En 1952, en raison de ce climat d’incertitude, Suzuki décide de fabriquer son premier vélo motorisé.

1952 – La naissance de la première bicyclette motorisée

Power Free

Baptisée « Power Free », la bicyclette a été conçue comme un véhicule économique pour les personnes à faible budget. Elle était propulsée par un moteur à deux temps de 36 cm3 ancré à une bicyclette conventionnelle. Sa conception polyvalente permettait de l’utiliser de différentes manières : en pédalant sans l’aide du moteur, ou en utilisant la puissance du moteur, en totalité ou en partie

Chapitre 3

Les années 1960, Suzuki se lance dans la compétition

Des débuts en course, à la domination de Degner, Anderson et Suzuki.

1960 – Les débuts en course :

Le Tourist Trophy dans l’impressionnante Île de Man est la toute première course à laquelle Suzuki participe. Les trois pilotes de Suzuki ont terminé la course.

Les années 1960, Suzuki se lance dans la compétition

1962 – Le succès est au rendez-vous :

Un pilote est-allemand, Ernst Degner, a conduit Suzuki à sa première victoire au TT de l’Île de Man avec un prototype de 50cc appelé RM62. Degner a joué un rôle crucial dans le développement de ces premières motos Suzuki.

En 1961, après s’être échappé d’Allemagne de l’Est, il a rejoint Suzuki et a contribué au développement de leurs motos à deux temps, en utilisant ses connaissances et ses compétences approfondies en mécanique.

1962 – Le succès est au rendez-vous :

1962 – Le succès est au rendez-vous :

1962 – Le Flying Kiwi

Lors de la dernière manche du calendrier des courses, le Néo-Zélandais et ancien joueur de rugby, Hugh Anderson, offre à Suzuki sa première victoire dans la catégorie 125cc. Cela s’est passé à l’Autódromo Oscar Alfredo Gálvez à Buenos Aires, en Argentine.

1962 – Le Flying Kiwi

1962 – Le Flying Kiwi

1963-1965 – Anderson brille

1963-1965 – Anderson brille

Hugh Anderson a remporté les championnats 50cc et 125cc en 1963 et a donné à Suzuki deux titres de constructeur au cours de la même saison. Il remporte son troisième titre en 50cc en 1964, et un an plus tard, son quatrième, cette fois en 125cc. Suzuki semblait inarrêtable dans les petites catégories, et Anderson confirmait son statut de légende chez Suzuki.

1966 – Les deux cylindres de Hans-Georg Anscheidt

Après le succès d’Anderson, en 1966, c’est au tour de Hans-Georg Anscheidt d’exploser sur la scène. L’Allemand roule sur la fabuleuse RK66, un prototype à deux cylindres capable d’atteindre 170 km/h. Il confirme sa domination dans la catégorie des 50cc pendant trois ans, de 1966 à 1968. Et en 1970, Suzuki a conclu une période brillante dans les petites catégories, lorsqu’un autre pilote allemand, Dieter Braun, a remporté le championnat du monde 125cc.

Hans-Georg Anscheidt

Hans-Georg Anscheidt

CHAPITRE 4

Les années 1970, SHEENE ET LES ANNÉES DE GLOIRE :

Après leur succès dans les années 60, il était temps pour Suzuki de changer de direction, et ils ont commencé à développer des motos de plus grande cylindrée. L’histoire de Suzuki était sur le point de prendre un tournant spectaculaire et motivant.

1971 – Victoire de Findlay :

Le 12 août 1971, l’Australien Jack Findlay remporte la première victoire de Suzuki dans la catégorie 500cc à Belfast.

Les années 1970, SHEENE ET LES ANNÉES DE GLOIRE :

1976-1977 – Les années d’or

Barry Sheene, un jeune pilote britannique, arrive comme une tornade dans la course de moto et révolutionne le sport. Sheene a été le premier pilote à devenir une célébrité en dehors des circuits de course. Considéré par ses fans comme un « Beatle » pour son caractère, son style de vie et son comportement étrange, il a remporté le titre de champion du monde des 500cc avec la RG500 en 1976.

Cette moto légendaire a occupé les six premières places du championnat cette année-là. Sheene a continué à briller, remportant également le titre 500cc en 1977.

1976-1977 – Les années d’or

1976-1977 – Les années d’or

Chapitre 5

Années 1980, deux italiens rejoignent la bataille

Dans les années 80, Suzuki s’est tourné vers l’Italie pour étendre sa domination. Marco Lucchinelli et Franco Uncini ont tous deux réussi à gagner dans une structure privée italienne faisant courir les Suzuki, appelée Team Gallina, créé en 1975.

1981 – Le Crazy Horse

1981 – Le Crazy Horse

Marco Lucchinelli a succédé à Sheene chez Suzuki. Le charismatique pilote italien, surnommé « Crazy Horse » pour son style proche du rodéo, a remporté la couronne avec une RG500. Lucchinelli s’est battu avec un jeune Américain indiscipliné du nom de Randy Mamola qui, malgré son énorme talent, n’a jamais pu obtenir de titre mondial.

1982 – Uncini

1982 – Uncini

En 1982, le succès est venu pour un autre Italien sur une Suzuki : Franco Uncini. Après cinq victoires cette saison-là, il remporte le deuxième titre consécutif de Suzuki.

Chapitre 6

Les années 1990, la magie de Schwantz Les années 1990, la magie de Schwantz

Autre talent nourri par Suzuki, Schwantz avait l’un des styles de pilotage les plus spectaculaires jamais vus dans le championnat du monde. Son immense talent l’a opposé à son compatriote Wayne Rainey, avec lequel il a entretenu une rivalité extraordinaire tout au long des années.

1993 – « Quand je vois Dieu, je sais qu’il est temps de freiner »

Kevin Schwantz est entré dans l’histoire en battant Yamaha et Wayne Rainey en remportant le championnat du monde 500cc avec une RGV-500 en 1993. Le Texan avait un charisme extraordinaire et son style reste inoubliable. Notamment en raison de son attitude « plein gaz » sur la moto et de son freinage apparemment impossible à la limite de la physique.

1993 – « Quand je vois Dieu, je sais qu’il est temps de freiner » :

2000 – Kenny Roberts Jr

2000 – Kenny Roberts Jr

Le prochain champion du monde Suzuki vient également d’Amérique : Kenny Roberts Jr, fils du célèbre « King » Kenny Roberts. Contre toute attente, il a remporté le championnat 2000 avec un total de quatre victoires. Ce titre, le sixième pour Suzuki dans la catégorie reine, était très spécial car il mettait fin à une sécheresse de sept ans sans couronne. Kenny l’a remporté devant le jeune et prometteur Valentino Rossi !

Chapitre 7

L’ère moderne

En 2002, le championnat du monde de moto a changé de nom pour devenir le MotoGP, mais ce n’était pas le seul changement car de nouvelles règles ont vu l’introduction des 1000cc à quatre temps. Après une année de rodage où les moteurs deux temps de 500cc et les moteurs quatre temps de 1000cc étaient autorisés conjointement, il est immédiatement apparu que ces derniers avaient plus de potentiel, et tous les constructeurs ont orienté leur développement dans cette direction.

2007 – Première victoire en MotoGP

L’Australien Chris Vermeulen a offert à l’équipe Rizla Suzuki une victoire épique, sous la pluie, au Mans, remportant ainsi la première victoire de la marque en MotoGP.

2007 – Première victoire en MotoGP

2015 – Retour dans le jeu

Après une pause de trois ans dans le Championnat du monde (de 2011 à 2015), Suzuki est revenu sur la scène avec le Team Suzuki Ecstar.

SUZUKI ECSTAR

2016 – De nouveau sur le podium

L’Espagnol Maverick Viñales s’est épanoui, remportant une nouvelle victoire pour Suzuki, cette fois à Silverstone.

2016 – De nouveau sur le podium

2019 – Année fantastique

Álex Rins a réussi à gagner deux courses durant la saison (Austin et Silverstone) pour terminer l’année à la quatrième place du Championnat.

2019 – Année fantastique

2020 – Champion du siècle :

2020 – Champion du siècle :

Joan Mir a réalisé une saison sensationnelle, faisant preuve de constance et de maturité tout au long de l’année pour être couronné champion du monde de MotoGP et remettre Suzuki sous les feux de la rampe après 20 ans. Associée à la forme impressionnante d’Álex Rins, cette année a véritablement marqué le « retour » de Suzuki, un exploit d’autant plus spécial que l’usine a fêté ses 100 ans d’existence et ses 60 ans de course.

Statistiques

Titres du championnat du monde – Pilote

1962 – 50cc – Ernst Degner (GER)
1963 – 125cc – Hugh Anderson (NZE)
1963 – 50cc – Hugh Anderson (NZE)
1964 – 50cc – Hugh Anderson (NZE)
1965 – 125cc – Hugh Anderson (NZE)
1966 – 50cc – Hans-Georg Anscheidt (GER)
1967 – 50cc – Hans-Georg Anscheidt (GER)
1968 – 50cc – Hans-Georg Anscheidt (GER)
1970 – 125cc – Dieter Braun (GER)
1976 – 500cc – Barry Sheene (GBR)
1977 – 500cc – Barry Sheene (GBR)
1981 – 500cc – Marco Lucchinelli (ITA)
1982 – 500cc – Franco Uncini (ITA)
1993 – 500cc – Kevin Schwantz (USA)
2000 – 500cc – Kenny Roberts, Jr. (USA)
2020 – MotoGP – Joan Mir (SPA)

TOTAL : 16

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